24 times the truth

Lors du passage au cinéma sonore, le nombre d’images par seconde fût normalisé à 24 i/s, ce qui était considéré comme le temps réel — la vitesse de défilement de la pellicule 35 mm au sein du projecteur créant l’illusion du mouvement. Or comme stipulé dans le Petit Soldat, la photographie c’est la vérité et le cinéma, c’est 24 fois la vérité par seconde. Afin donc de prendre en considération le médium même pour lequel la salle de cinéma fût créée, le processus de prise de vue introduit un mouvement de caméra au sein de l’image fixe, octroyé par un temps d’exposition de 24’’.

Contextualisation
La structure novatrice du Plaza constituée de poutraisons en aluminium est une vraie prouesse de son époque et permet de conserver la notion d’espace entièrement ouvert souhaitée par Marc-Joseph Saugey, produisant une continuité visuelle totale et un effet aérien. Nous retrouvons dans les images cette transparence qui crée un dialogue entre fiction cinématographique et réalité urbaine.

L’oeil est amené à se concentrer sur les la juxtaposition des divers volumes s’imbriquant les uns dans les autres. La charpente emprunte au monde de l’aviation ses formes coniques, biaises et arrondies, s’entrelaçant dans les photographies jusqu’à lui faire perdre pied et s’envoyer en l’air.

L’architecte induit une certaine idée de la place de l’homme dans l’espace et le temps, notions questionnées dans la série 24 times the truth.

Au moment de la réalisation des visuels, la salle vient d’être rachetée par la Fondation Wilsdorf et est en pleine restauration. Ecrans, projecteurs, sièges, spéctateurices manquent donc à l’appel. Projection de projection, l’écran et le faisceau de projecteur s’inventent de façon allégorique dans certaines des photographies.