CRÉER DES PONTS LÀ OÙ ON NE LES VOIT PAS
Dans de nombreux pays du Nord global, l’individualisme structurant s’inscrit dans une logique plus large propre au capitalisme contemporain et à ses formes néolibérales. Celle-ci tend à reléguer les inégalités systémiques au rang de responsabilités individuelles, et les gouvernements se déchargent progressivement de leur rôle, imputant les exclusions sociales aux trajectoires personnelles plutôt qu’aux structures collectives. Ce glissement idéologique participe à fragiliser, en période de crise, les infrastructures sociales et solidaires qui figurent ainsi parmi les premières sacrifiées. Dans un contexte marqué par la montée du fascisme, les restrictions budgétaires qui pèsent actuellement sur le secteur impactent directement les conditions de travail et la réalité du terrain. Une dynamique qui, en œuvrant au détriment des politiques sociales et solidaires, renforce les inégalités structurelles et soutient des logiques capitalistes.
Face à ce constat, dans le cadre de la carte blanche que nous a offerte la Haute école de travail social et de la santé Lausanne à l’occasion de son soixantième anniversaire, il nous a semblé crucial d’investir les questions politiques que nous croisions au contact du travail social et au fil de nos démarches artistiques. Nous avons cherché à en représenter le vaste champ d’action en prenant soin de ne pas en imposer une lecture unique.
Aussi avons-nous opté pour une méthodologie visuelle participative, en proposant à des travailleur·euse·x·s sociaux·les ainsi qu’à des bénéficiaires de devenir les auteur·ice·x·s d’images collaboratives, pour témoigner de leurs expériences. Nous avons commencé par constituer un corpus d’images prises au sein d’institutions œuvrant dans le champ du handicap, de l’enfance et de la jeunesse, de l’accompagnement des personnes, de la vieillesse ou encore de la migration, basé sur les gestes et outils spécifiques propres aux pratiques du travail social et de l’ergothérapie. Nous avons par la suite partagé ce matériau avec les participant·e·x·s lors d’ateliers, en les invitant à le recomposer et le détourner pour en faire émerger leurs représentations personnelles.
En parallèle, nous avons ancré notre projet dans les fondements du travail social en retraçant les prémisses des écoles sociales romandes. Exhumer leurs archives nous a permis de mettre en lumière les réflexions collectives autour de la professionnalisation du travail social, de son organisation, ainsi que des conditions de travail intrinsèques. Des extraits d’entretiens menés auprès de professionnel·le·x·s font écho à ces documents et tissent des liens avec le contexte politique actuel.
Initialement déployé sous forme d’exposition installative et d’une intervention dans l’espace public, le projet souligne, par ses formes et ses matérialités, la force du travail en réseau. Pensé comme un outil de transmission, ce livre rassemble l’ensemble des productions issues de nos collaborations et met à disposition le corpus photographique original, afin d’inviter les lecteur·ice·x·s à s’en approprier la démarche.
Dans une optique inclusive, toutes les interventions de l’ouvrage sont traduites en FALC.
Dans de nombreux pays du Nord global, l’individualisme structurant s’inscrit dans une logique plus large propre au capitalisme contemporain et à ses formes néolibérales. Celle-ci tend à reléguer les inégalités systémiques au rang de responsabilités individuelles, et les gouvernements se déchargent progressivement de leur rôle, imputant les exclusions sociales aux trajectoires personnelles plutôt qu’aux structures collectives. Ce glissement idéologique participe à fragiliser, en période de crise, les infrastructures sociales et solidaires qui figurent ainsi parmi les premières sacrifiées. Dans un contexte marqué par la montée du fascisme, les restrictions budgétaires qui pèsent actuellement sur le secteur impactent directement les conditions de travail et la réalité du terrain. Une dynamique qui, en œuvrant au détriment des politiques sociales et solidaires, renforce les inégalités structurelles et soutient des logiques capitalistes.
Face à ce constat, dans le cadre de la carte blanche que nous a offerte la Haute école de travail social et de la santé Lausanne à l’occasion de son soixantième anniversaire, il nous a semblé crucial d’investir les questions politiques que nous croisions au contact du travail social et au fil de nos démarches artistiques. Nous avons cherché à en représenter le vaste champ d’action en prenant soin de ne pas en imposer une lecture unique.
Aussi avons-nous opté pour une méthodologie visuelle participative, en proposant à des travailleur·euse·x·s sociaux·les ainsi qu’à des bénéficiaires de devenir les auteur·ice·x·s d’images collaboratives, pour témoigner de leurs expériences. Nous avons commencé par constituer un corpus d’images prises au sein d’institutions œuvrant dans le champ du handicap, de l’enfance et de la jeunesse, de l’accompagnement des personnes, de la vieillesse ou encore de la migration, basé sur les gestes et outils spécifiques propres aux pratiques du travail social et de l’ergothérapie. Nous avons par la suite partagé ce matériau avec les participant·e·x·s lors d’ateliers, en les invitant à le recomposer et le détourner pour en faire émerger leurs représentations personnelles.
En parallèle, nous avons ancré notre projet dans les fondements du travail social en retraçant les prémisses des écoles sociales romandes. Exhumer leurs archives nous a permis de mettre en lumière les réflexions collectives autour de la professionnalisation du travail social, de son organisation, ainsi que des conditions de travail intrinsèques. Des extraits d’entretiens menés auprès de professionnel·le·x·s font écho à ces documents et tissent des liens avec le contexte politique actuel.
Initialement déployé sous forme d’exposition installative et d’une intervention dans l’espace public, le projet souligne, par ses formes et ses matérialités, la force du travail en réseau. Pensé comme un outil de transmission, ce livre rassemble l’ensemble des productions issues de nos collaborations et met à disposition le corpus photographique original, afin d’inviter les lecteur·ice·x·s à s’en approprier la démarche.
Dans une optique inclusive, toutes les interventions de l’ouvrage sont traduites en FALC.
Une exposition conçue par Zoé Aubry et Laurence Rasti
Auteur·ice·x·s des collages réalisés lors des différents ateliers: Anthony Tarantini, Cha-cha, chaton 2.0, Clara, Coelho Thomas, Danica LA KiKS, Delphine, Emin, Geng O., Hanife, Henry, Jeremie, Jennifer antares medeiros, Lara, LACRIM, Léoñor, Lise Puigderver, lolipop, LUANA, Mahssa, MG, Mohamed..Sdka, Morgane, Noémie Pate au saumon, NKR_SK, OMERTA 47, Orianne, Valentine, Vincent Délèze
Archives issues du fond d’«Archives de la Haute école de travail social de Genève»
Traduction FALC par Viola Poli
RTS · Vertigo
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co-édition Surfaces Utiles — HETSL
graphisme Neo Neo
Auteur·ice·x·s des collages réalisés lors des différents ateliers: Anthony Tarantini, Cha-cha, chaton 2.0, Clara, Coelho Thomas, Danica LA KiKS, Delphine, Emin, Geng O., Hanife, Henry, Jeremie, Jennifer antares medeiros, Lara, LACRIM, Léoñor, Lise Puigderver, lolipop, LUANA, Mahssa, MG, Mohamed..Sdka, Morgane, Noémie Pate au saumon, NKR_SK, OMERTA 47, Orianne, Valentine, Vincent Délèze
Archives issues du fond d’«Archives de la Haute école de travail social de Genève»
Traduction FALC par Viola Poli
RTS · Vertigo

co-édition Surfaces Utiles — HETSL
graphisme Neo Neo






