CRÉER DES PONTS LÀ OÙ ON NE LES VOIT PAS

Comme dans de nombreux pays où l’individualisme prime sur la responsabilité des inégalités systémiques, les infrastructures sociales et solidaires suisses sont parmi les premières sacrifiées en période de crise. Les restrictions budgétaires qui pèsent actuellement sur le secteur, en particulier dans un contexte de montée du fascisme, impactent directement les conditions de travail et la réalité du terrain. Face à ce constat, dans le cadre de la carte blanche que leur a confiée la HETSL, il a semblé crucial aux artistes Zoé Aubry et Laurence Rasti de définir les enjeux politiques et de représenter le vaste champ d’action du travail social en prenant soin de ne pas en imposer une lecture unique. La démarche des artistes s’ancre donc dans une méthodologie visuelle participative. Créer des ponts là où on ne les voit pas prend ses racines dans les fondements du travail social et du domaine de la santé en proposant à des professionnel·les de ces champs ainsi qu’à des bénéficiaires de devenir les auteur·es d’images collaboratives, témoignant de leurs expériences dans le cadre du travail social. Pour ce faire Zoé Aubry et Laurence Rasti constituent un corpus d’images in situ, prises au sein d’institutions œuvrant dans le champ du handicap, de l’enfance et de la jeunesse, de l’accompagnement des personnes, de la vieillesse ou encore de la migration, basé sur les gestes et outils propres aux pratiques du travail social et de l’ergothérapie. Ce matériau est ensuite mis à disposition des participant·es, tant aux bénéficiaires qu’aux travailleur·euses, invité·es à le recomposer et le détourner lors d’ateliers, afin d’en faire émerger une représentation personnelle.


En parallèle, dans une perspective de réancrage historique, Créer des ponts là où on ne les voit pas exhume des archives retraçant les prémices des écoles sociales romandes, mettant ainsi en lumière l’importance des organisations et réflexions collectives autour de la professionnalisation du travail social ainsi que de conditions de travail inhérentes. Des extraits d’entretiens menés auprès de professionnel·les viennent faire écho à ces documents, tissant des parallèles avec le contexte politique actuel.


Le projet initialement déployé sous forme d’exposition installative et d’intervention dans l’espace public, souligne par ses formes et matérialités, la force du travail en réseau. Pensé comme un outil, ce livre rassemble quant à lui l’ensemble des productions issues de ces collaborations. Sa seconde partie remet à disposition le corpus photographique original, afin de perdurer la transmission des outils déployés et d’inciter les lecteur·rices à s’approprier la démarche.


Dans une optique inclusive, toutes les interventions de l’ouvrage sont traduites en FALC.



Une exposition conçue par Zoé Aubry et Laurence Rasti

Auteur·ice·x·s des collages réalisés lors des différents ateliers: Anthony Tarantini, Cha-cha, chaton 2.0, Clara, Coelho Thomas, Danica LA KiKS, Delphine, Emin, Geng O., Hanife, Henry, Jeremie, Jennifer antares medeiros, Lara, LACRIM, Léoñor, Lise Puigderver, lolipop, LUANA, Mahssa, MG, Mohamed..Sdka, Morgane, Noémie Pate au saumon, NKR_SK, OMERTA 47, Orianne, Valentine, Vincent Délèze
Archives issues du fond d’«Archives de la Haute école de travail social de Genève»
Traduction FALC par Viola Poli

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