Noms Inconnus

L'émancipation des femmes est-elle encore mortelle ?

L’extraction de cette litanie funéraire de la rubrique des faits divers, doublée de leur convergence, met viscéralement en évidence la récurrence et la violence d’un fait social, nous astreignant notamment au questionnement de sa médiatisation.
Restituer à ces victimes ne serait-ce qu’une identité, quelques lignes d’existence, une situation, une histoire (bien que souvent lacunaire), révèle indubitablement que ces drames lèsent toute classe sociale, tout âge ; et nous pousse essentiellement à discerner l’extraordinaire violence s’abattant au sein même de l’intimité conjugale.

Ces images sont le résultat d’un procédé de détérioration d’une violence extrême.

Tridimensionnellement remodulées, les représentations de l’espace s’y réinventent, conscient de lui-même, le plan projectif s’extrait alors de sa caractéristique bidimensionnelle pour sortir du cadre. Par leurs déplacements, les pièces s’adressent à notre situation de spectateurice, impliquant une responsabilité de notre part.
Tout se passe donc hors de l’image.  Ce processus demande une expérience concrète et substantielle.

L’édition éponyme retrace l’intégralité des féminicides ayant eu lieu entre le 1er janvier et le 30 avril 2018 sur le territoire français, cartographiés sur la couverture.

Ce travail demande également au spectateur et à la spectatrice de prendre position, à la fois physiquement et à travers son observation.
Un dialogue se crée lorsque læ visiteureuse devient, face à l’image, enquêteurice.

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